Plan de Mobilité Durable au Travail (PMDT) : ce qu'exige la loi 9/2025 et comment le mettre en œuvre

La mobilité des travailleurs, qui était auparavant une simple question opérationnelle, est désormais un domaine réglementé, assorti d'obligations précises et de délais à respecter. La Loi n° 9/2025 du 3 décembre relative à la mobilité durable —en vigueur depuis le 5 décembre 2025— redéfinit la mobilité comme un droit collectif essentiel et impose à certaines entreprises d'élaborer un Plan de mobilité durable vers le lieu de travail (PMST) : un outil de gestion qui analyse la manière dont les salariés se rendent sur leur lieu de travail et prévoit des mesures concrètes visant à réduire l'impact environnemental de ces trajets et d'améliorer leur sécurité.

Ce qui semblait au départ être une obligation assortie d'un délai généreux a fait l'objet d'un changement de calendrier. Le décret-loi royal n° 7/2026, adopté en mars 2026, a réduit le délai de mise en conformité de 24 à 12 mois. La date limite est désormais fixée au 5 décembre 2026.

Quelles sont les entreprises concernées ?

Cette obligation incombe aux entreprises et aux organismes du secteur public qui disposent de établissements comptant plus de 200 salariés ou établissements comptant plus de 100 personnes par équipe, lorsque ce centre constitue son lieu de travail habituel.

Un aspect qu'il convient de clarifier dès le début : l'obligation est mesurée par centre de travail, et non par entreprise. Une organisation ayant plusieurs sites peut avoir certains centres soumis à l'obligation et d'autres non. Cela nécessite une analyse individualisée avant de déterminer le périmètre réel de l'obligation.

Qu'est-ce que le PMST ?

Le PMST est un document structuré, basé sur un diagnostic réel, avec des mesures concrètes, des objectifs mesurables et des indicateurs de suivi. La norme considère ces plans comme des outils globaux qui doivent agir simultanément sur la durabilité, la santé au travail, l'efficacité énergétique et la sécurité routière.

Son double objectif est de réduire les émissions liées aux déplacements domicile-travail — ce qui a un impact direct sur l'empreinte carbone de l'organisation — et améliorer la qualité de vie et la sécurité des travailleurs lors de leurs trajets quotidiens.

Comment élaborer un plan de mobilité durable

Phase 1. Bilan de mobilité.

Tout PMST commence par un diagnostic obligatoire. Avant de définir toute mesure, l'entreprise doit savoir comment sa plantilla se déplace réellement. Cela se concrétise par une enquête sur la mobilité destinée à tous les travailleurs du centre, qui doit recueillir, au minimum :

  • Municipalité et zone d'origine habituelle.
  • Moyen de transport utilisé.
  • Distance et temps de trajet.
  • Heure de début et de fin de quart de travail.
  • Raison pour laquelle ce moyen de transport est choisi.
  • Risques perçus sur le trajet.

En plus de l'enquête, le diagnostic il doit inclure une analyse de l'offre de transport public dans le contexte du centre et le registre des accidents en déplacement et en mission des cinq dernières années, qui doit être obtenu à partir des registres officiels des accidents du travail du service de prévention des risques professionnels.

Phase 2. Définition des mesures.

À partir du diagnostic, le plan doit proposer des mesures concrètes dans au moins les sept domaines suivants :

  1. Mobilité active: déplacements à pied, à vélo ou en engin de mobilité personnelle, avec des infrastructures d'accompagnement telles que des parkings à vélos sécurisés, des vestiaires et des douches.
  2. Transport en commun: bus d'entreprise, navettes, coordination avec les opérateurs de transport public et bonification des abonnements de transport. La carte de transport, expressément mentionnée dans la loi, est l'une des mesures les plus populaires auprès des travailleurs et offre un avantage fiscal direct à l'entreprise.
  3. Mobilité à faibles ou zéro émissions: mesures d'incitation en faveur des véhicules électriques ou hybrides et installation de bornes de recharge sur le lieu de travail.
  4. Mobilité partagée: systèmes de covoiturage et de covoiturage en minibus entre collègues, avec des plateformes internes d'organisation par zone géographique.
  5. Stratégies organisationnellestélétravail, flexibilité horaire et journée comprimée pour réduire la demande de déplacements aux heures de pointe.
  6. Sécurité routière: analyse des itinéraires et des points de risque, itinéraires sécurisés, formation spécifique pour le personnel et coordination avec le Plan de Prévention des Risques Professionnels.
  7. Communication interne: campagnes de sensibilisation, programmes d'incitation au changement modal et événements de mobilité.

Les mesures doivent suivre un principe de hiérarchie, en privilégiant toujours les options les plus durables.

Chaque mesure doit être accompagnée de objectifs quantifiables, indicateurs d'évaluation et un calendrier de mise en œuvre béton. 

Phase 3. Négociation avec la représentation légale des travailleurs.

La loi 9/2025 a modifié l'article 85.1 du Statut des travailleurs pour inclure les PMST entre les matières obligatoirement négociables dans la négociation collective.

La négociation est une garantie que le plan répond aux besoins réels du personnel et qu'il bénéficiera d'une plus grande adhésion lors de sa mise en œuvre. De plus, un plan consensuel obtient de meilleurs résultats dans les appels à subventions publiques prévus à la disposition additionnelle 27 de la loi.

Phase 4. Approbation formelle et enregistrement dans l'EDIM.

Une fois la négociation terminée, le plan doit être formellement approuvé par un procès-verbal interne qui enregistre la date, les participants et le résultat du processus.

Phase 5. Enregistrement dans l'Espace de Données Intégré de Mobilité (EDIM).

L'étape finale est l'enregistrement dans l'Espace de Données Intégré de Mobilité (EDIM), le système centralisé créé par la loi elle-même pour consolider les informations sur la mobilité en Espagne. L'inscription se fait auprès de l'autorité autonome l'autorité compétente en matière de transport, qui transmet les informations au système de l'État.

Phase 6. Suivi continu.

L'approbation du plan ne clôture pas le processus, mais le lance. La loi établit un système de surveillance permanente qui comprend :

Rapport de suivi biennal : obligatoire tous les deux ans, pour évaluer la conformité des mesures et les ajuster si les résultats ne sont pas ceux attendus.

Révision du plan: en grands centres d'activité, au moins tous les cinq ans.

Gestionnaire de Mobilité: acteur incontournable des grands centres d'activités, responsable de la coordination, de la supervision et de la mise en œuvre du PMST au quotidien et de veiller à sa mise à jour.

Rapport périodique de données à EDIM, avec chaque rapport de suivi.

Chez Zirkel, nous accompagnons les entreprises dans le diagnostic, la conception et la mise en œuvre de leurs Plans de Mobilité Durable au Travail, en intégrant le processus à la stratégie de décarbonisation et aux rapports ESG de l'organisation.

Si vous voulez savoir si votre entreprise est concernée et quelles étapes suivre, Contactez-nous.

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